Le genre humain a parfois d'étranges attitudes, pourquoi un mari frappe t-il sa femme ?
Pourquoi un enfant âgé d'à peine 14 ans, pour protéger sa mère d'un nouveau coup de poing, doit-il poignarder son propre géniteur ? Mais l'enfant chétif donne le coup mortel après le geste irrévocable du meurtrier de sa mère ; se retrouvant ainsi sans famille et gardant pour séquelle l'image de ses parents sans vie ; le sang et la mort qui ont clos l'enfance : mon enfance.
A ce moment, j'étais seul, sans rien ! La majorité n'était pas prête d'arriver et aucune famille proche connue ne pouvant m'aider...l'errance était une voie de sortie.
La nuit noire emportait les bruits de la ville concédant à la douleur d'encombrer mes pensées égarées, comme mon corps au milieu de la foule mondaine des rues animées et prisées de Osaka.
Des hommes aux regards malsains me regardaient au détour d'une avenue, l'un me sifflait lorsqu'un de ses voisins se mettait à courir dans ma direction en braillant je ne sais quoi ; la peur et l'angoisse, uniques compagnons à cet instant de confusion. J'avais senti mon poignet être agrippé, je retournais mon visage vers la personne qui avait emprisonné mon avant-bras avec une poigne de fer contrastant avec ce sentiment de confiance quand j'avais vu le visage de cet homme, il avait l'expression d'un père.
L'homme qui courait vers moi s'était arrêté promptement à deux mètres à peine de nous quand il l'avait aperçu. Le pervers restait cloué sur place, effrayé par le regard que lui jetait l'homme qui me tenait fermement le bras, l'aîné lui fit signe de déguerpir d'un mouvement de tête et il prenait ses jambes à son cou pour filer jusqu'à la bande de garçon semblant tout aussi apeuré.
J'avais juste détourné les yeux un instant pour apercevoir le fuyard rejoindre ses amis que l'homme à la carrure imposante mais au visage rassurant partait me laissant livré à moi-même.
En temps normal, je n'aurais pas fais cela mais ma vie s'était transformé, en quelques heures, en un enfer où tout était bouleversé et où plus rien n'avait réellement de sens et d'importance ; j'avais donc courut derrière cet homme inconnu.
A partir de là, il devint mon tuteur après que je lui ai raconté les fléaux qui s'étaient abattus sur moi...
___-
Hikaru !
Cette voix provenait de la pièce voisine à celle où se trouvait mon corps, disait-il inlassablement, fin et mon esprit candide, rajoutait-il toujours. On ouvrait la porte de ma chambre, mon tuteur à la taille large se présentait dans l'encolure de la porte.
Aujourd'hui était le jour de mes 19 ans. J'avais été « incarcérer » durant toute ma scolarité, Toru me faisait prendre des cours à domicile ; d'après lui, je ne devais pas sortir de la maison : j'étais trop précieux à ses yeux.
Je suis resté enfermé durant ces 5 dernières années, je ne me suis jamais plains, je me devais de respecter sa volonté ayant été élevé comme ça : ne jamais contrarié un aîné, surtout celui qui m'avait sauvé de la rue.
Quand je dis que je restais enfermé ne signifie pas que je n'ai plus vu le jour, le jardin clos était le seul endroit où je pouvais respirer l'air frais ; observer les nuages couvrant le ciel bleu, parfois le temps m'accordait un soleil éclatant pour déshydrater mes larmes, ou simplement le fait d'examiner l'obscurité radieuse de la nuit qui avait souvent consolé mes pleurs, quand je pensais à toi, Maman. Je pense à toi chaque jour et, lui, je le hais chaque matin ; je ne regretterai jamais mon geste, seulement j'aurais voulut le faire avant que tu sois réduite au silence éternel. Tu sais, le deuil était fait mais le manque restait.
Toru s'est toujours bien occupé de moi, il me nourrit avec les aliments les plus sains, il m'offre régulièrement des vêtements de marque de luxe ; il me dit sans cesse que je dois devenir plus beau chaque jour comme s'il souhaitait que je devienne le plus admirable, mais pour être admirer, il faut être vu, ce qui est antithétique étant donné que je ne suis vu de personne. Il affirme souvent que la nature m'a bien gâté. Je ne sais pas comment je dois prendre ses commentaires continuellement flatteurs et surtout où il veut en venir.
Aujourd'hui, il veut que je me familiarise avec mon futur job, seulement je ne sais pas en quoi il consiste, juste qu'il est étroitement lié au sien. Je sais par l'habitation dans laquelle nous demeurons et par les moyens déployés, que sa situation est bonne et aisée mais je ne sais pas de quoi nous vivons ; certainement un travail avec le monde de la nuit puisqu'il s'absente lorsque je m'endors et rentre quand je me lève.
Je suis, de nature, curieux mais je n'ai jamais osé aborder ce sujet avec lui, son regard sévère me donne toujours froid dans le dos ; étant plus jeune, j'avais émis l'idée de l'accompagner jusqu'à son lieu d'activité, où je vais me rendre aujourd'hui, et j'avais eu le droit à un de ses regards terrorisants.
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Tiens.
Il balança un grand paquet au pied de mon lit et m'expliqua.
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Voilà tes vêtements pour ce soir.
Son ton était strict comme il l'avait toujours été mais aujourd'hui malgré mes yeux encore à mi-clos, je m'étonnais que son visage reflète un certain agacement. J'ai, continuellement, eu l'impression qu'il attendait mes 19 hivers avec impatience, comme si ce jour changerait sa vie et la mienne par la même occasion.
Je savais que j'allais bientôt sortir, revoir la ville où j'avais flâné durant ma jeunesse, voir des gens ; oui, des êtres humains. Je n'en avais plus abordé depuis longtemps sauf Toru qui était peu bavard. J'étais effrayé mais si pressé de voir comment avait changé le monde alentour, et pas en avoir une image télévisuelle donc déformée.
Il y a une semaine, Toru m'avait prévenu qu'il ne fallait pas que je sois trop déçu du monde extérieur. Après plusieurs années d'enfermement physique et mental, le moral et les aspects des gens dehors me surprendraient peut-être. Que tout ne serait pas forcément comme je l'avais connu ; à ceci, j'y avais beaucoup réfléchis et je m'étais promis de faire avec et de m'adapter aux autres.
Mon tuteur louait une ferveur étrange pour mon esprit, il me répétait sans cesse que mon c½ur était simple et mes entendements trop sagaces. Il me reprochait aussi d'être trop parfait, il était injuste à ses yeux qu'un garçon, de mon jeune âge soit si mûr sur des questions d'adulte et qu'il soit si remarquable, physiquement parlant.
Il se disait jaloux de ma « perfection ». Je me suis toujours considéré normal, oui, j'étais tout ce qu'il y avait d'ordinaire : une paire d'oeil, un nez, une bouche...j'étais fais comme n'importe quel homme sur cette terre. Non ?
Je frottais mes yeux pour éliminer le liquide lacrymal qui avait pris naissance durant la nuit, et laissait mes pupilles se rétrécirent face au soleil aveuglant de la fenêtre de ma chambre dont j'avais laissé les volets ouverts délibérément ; pour m'endormir j'avais pris l'habitude de regarder les étoiles.
Ces dernières avaient pris une importance considérable dans mon existence, j'avais cette impression de pouvoir leur confier mes craintes et mes doutes sans pour autant ouvrir la bouche ; en quelque sorte, elles étaient mes confidentes et je les aimais. Leur brillante manifestation nocturne me procurait ce sentiment de réconfort et la quiétude, des sensations que j'ai dû mal à ressentir dès que mes yeux sont clos pour accueillir le sommeil. Chacune de mes nuits sont remplient de cauchemars toujours plus cruels...me revoyant porter l'arme sous son omoplate et ce meurtrier de père achevant la seule femme que j'aimais.
Au fond, je la sentais qui me chérissait toujours autant, sa présence quotidienne autour de moi quand mes songes devenaient trop dispersés. Elle serait l'unique femme que j'aimerai, Maman.
Le soir même ; avant de sortir de la salle de bain que j'avais comme à l'habitude occupé pendant un long –très long- moment, je me regardais une dernière fois dans la glace du miroir.
Un simple costume d'une marque française réputée au prix, certainement, exorbitant.
La veste de cet ensemble était bien cintrée cachant les bras d'une chemise blanche saillante se soumettant à une cravate noire que je n'avais pas su serrer puisque personne n'avait jamais eu l'idée de m'apprendre à le faire, ni le meurtrier, ni mon protecteur.
Ce dernier que j'entendais taper du pied dans l'entrée ; cette dernière donnant sur la porte principale, pour accéder à la rue, que je n'avais jamais franchis, à part biensûr le jour où j'ai pénétrer dans cette petite maison dans la grande ville qu'était Osaka.
Je passa une énième fois ma main, d'un geste souple, dans mes cheveux lisses pour leur donner plus de volume ; je devais avouer que j'avais une certaine élégance dans ces vêtements.
Je rejoignis Toru d'une démarche précipitée aillant peur de me faire taper sur les doigts, je ne souhaitais pas lui faire perdre patience. Je me plaçais devant lui, il me regarda satisfait puis s'approcha de moi.
___-On dirait que cette tenue a été créée pour toi, dit-il avec dédain.Il passa une main sous la cravate défaite puis rit moqueur. Ses mains habituées se mirent à la nouer ; même en essayant d'apprendre la procédure en l'observant attentivement, je n'arrivais pas à mémoriser sa technique, ses gestes étaient blasés mais rapides que je n'avais pas réussis à suivre.
J'étais enfin prêt, il se recula d'un pas en se plaçant sur ma gauche me laissant ainsi la place pour accéder à la sortie que j'étudiais alors. Du coin de l'½il, je remarqua qu'il m'examinait de la tête au pied puis me complimenta, l'air perdu.
___-Tu es devenu divin...Je passais alors la porte d'entrée suivit par mon tuteur et écarquilla mes yeux ; comportement normal étant donné la situation. Je restais paralysé devant les escaliers qui donnaient sur une petite porte en bois dont je n'avais pas le souvenir. Sur le trottoir, des voitures aux aspects futuristes étaient garées ; des personnes passaient devant mes yeux émerveillés, tous dissemblables, certain l'air sévère, d'autre rayonnant la joie mais aussi des visages rêveurs. J'étais si heureux, mon sourire en était la preuve, j'étais comme subjugué par toutes ces figures, en adorant leurs expressions variées. Mais la contemplation fut brève, Toru posa sa main sur mon épaule en me faisant avancer. Nous sortions de la propriété et Toru me fit rentrer dans une superbe voiture noire qui m'impressionna. Dans le véhicule, j'observais tout.
Tout m'était étranger, il y avait des boutons partout ; j'avais beaucoup de retard...et je souris à cette pensée.
Quand l'engin démarra, le bruit du moteur se mettant en fonction me fit sursauter ; le trajet en voiture était très agréable, j'aimais beaucoup le mouvement du véhicule, il me berçait légèrement alors que j'examinais tous ces êtres marchant sur les bas-côtés vivant au rythme de la ville noctambule.
J'étais si bien, que lorsque la voiture s'immobilisa dans une petite rue, mes yeux qui s'étaient légèrement clos se rouvrirent largement. L'endroit semblait huppé, deux hommes vêtus de noir gardaient l'entrée du bar devant lequel nous étions garés. Toru sortit de la voiture et vint m'ouvrir ma portière, côté passager. Mes pas étaient maladroits, je regardais partout sauf le lieu où nous devions entrer, manque de chance ou acte prémédité, je bousculais quelqu'un.
Je baissais le regard et tomba nez à nez avec un homme effrayant, d'une cinquantaine d'année, aux cheveux grisonnants qui me regardait amusé.
___- Hikaru, fais attention où tu mets tes pieds ! Me hurla Toru.
___- Ce n'est rien, Narita. Il est juste pensif et intrigué par ce qui l'entoure, cela faisait longtemps qu'il était enfermé.Hein ? Me connaît-il ? Il a appelé Toru par son nom, il ne me l'avait jamais indiqué qu'il se nommait ainsi.
___- Hikaru, m'interpella l'homme angoissant, je suis ravi de faire ta connaissance ; tu es plus adorable que dans mon souvenir.Je n'aimais pas les manières de cet homme...
___- C'est qu'il a beaucoup grandit et mûrit, c'est presque un homme...intervint Toru.
___- Il risque de bouleverser des c½urs si on le laisse continuer comme ça, répondit l'homme.Ils rirent en c½ur même si le visage de Toru restait contrarié, et je souris pour ne pas les vexer lorsqu'ils me regardèrent.
___- Non, il faut qu'il continue de resplendir ainsi, c'est un trésor sans valeur, ajouta ce désagréable personnage.
___- Ne vous inquiétez pas, Mr Fujihara, sembla le rassurer mon tuteur.J'étais égaré dans leur conversation...
___- Nous rentrons ?! proposa le dit Fujihara.Toru acquiesça d'un signe de tête et nous le suivions.
Je marchais entre Mr Fujihara et Toru dans un couloir menant devant un bureau, une sorte de réception, là un homme, assez jeune, se tenait debout à notre arrivée et salua promptement ; l'aîné nous fit passer par une grande salle où était installé dans de petits coins intimes des hommes dans la même tranche d'âge que moi, ils accompagnaient chacun une femme.
J'observais, intrigué, avec peut-être trop d'insistance ces couples qui souriaient, j'examinais ce que faisait ces hommes aux sourires hypocrites et les réactions de ces femmes enchantées, aux visages mûrs pour certaines, aux physiques ingrats, ou tout au contraire attrayants, pour d'autres.
Tous ces jeunes hommes faisaient des gestes similaires, des sourires doucereux, leurs mains caressant les cheveux de ces femmes, leurs mots murmurés aux oreilles de ces filles ; tout ceci provoquait les rires, aux diverses sonorités, de la gente féminines aux âges apparents.
Ceci me paraissait étrange, du moins ça ne m'était pas familier.
Nous continuions notre chemin pour entrer dans une pièce sombre éclairée par un simple et unique lampadaire pour combler le manque d'une fenêtre.
Mr Fujihara nous invita d'un geste de la main à nous asseoir dans des sièges devant une grande table de travail où l'homme s'installa derrière.
Il me regardait étrangement, je détestais ça mais je souriais pour preuve de ma bonne éducation.
Cet endroit donnait une impression d'étouffement en plus du regard cynique que lançait ce vieillard sur moi, j'étais agacé et le regard inquiet de Toru sur moi accrut mon angoisse. Le nommé Fujihara d'une voix aigre me demanda.
___- Alors Hikaru, que penses-tu de mon établissement ? Il était donc le chef de ces lieux où des couples semblaient s'amouracher. Je m'informais alors d'une voix claire et curieuse.
___- Quel est le rôle de votre club ?
___- Bien c'est un club d'hôte, dit-il avec une voix marquant l'évidence.Hôte ?! C'était donc ça...Ces hommes qui passent du temps en compagnie de femme fortunée pour qu'elles se sentent estimées...Mais...Toru...s'il travaillait pour lui...il serait un hôte ? Non ! Il n'est pas en âge de l'être...Et pourquoi, moi, suis-je ici ?
Ma tête tournait, cette pensée...m'aurait-il mené ici pour que je travaille comme...non, pas ça...comme
hôte ?
Je portais un regard étourdi sur mon tuteur, son visage était bas, honteux. Il dû sentir mon regard pesant et suppliant d'explication sur lui puisqu'il redressa sa tête pour planter un regard désolé dans le mien.
___- Peux-tu aller patienter dans la pièce à côté, s'il te plait, me pria t-il.Sa voix avait quelque chose de tourmentée, son regard conjugué à son ton affligé me donna l'impression qu'il était attristé. Je me levais pour me retirer dans la pièce indiqué par Toru. Ma curiosité eut raison de moi, je collais mon oreille contre cette porte que je venais de refermer derrière moi ; aussitôt la voix de Toru retentit comme un sanglot.
___- Je vous le rachète ! s'exclame t-il.
___- Tu sais bien que tu n'as pas les moyens...je t'avais prévenu quand tu m'as vendu ce gosse ; tu ne devais pas t'y attacher. Je t'ai accordé son éducation comme tu l'as trouvé et que tu as insisté pour le garder avec toi alors que tu l'avais en pitié pour ses parents décédés ; tout en sachant qu'à cet âge, il me reviendrait. Je te l'ai acheter une petite fortune, je te rappel. Tu sais aussi bien que moi qu'il va rassembler des meutes...et s'il est populaire, comme je le prévois, dans ce milieu, je pourrais envisager de le vendre à un marché plus vaste...
___- Ne parlez pas de lui comme d'une marchandise ! Je n'ai jamais vu un enfant comme lui, sa vie ne doit pas se résoudre à une débauche permanente. Il est très doué intellectuellement parlant, il pourrait faire de brillantes études...ce n'est pas comme s'il n'avait pas d'autres choix que de faire ça.
___- Oui mais quel profit en tirerai-je ?
___- ...Mais si vous l'employez comme hôte, il finira comme tous vos hôtes qui étaient numéro 1...un gigolo...il vaut mieux, beaucoup mieux ! s'emporta t-il.
___- C'est de ta faute. Si ton avarice de l'époque n'avait pas été aussi excessive, tu n'aurais pas vendu un enfant de 14 ans que tu venais d'adopter à un homme d'affaire comme moi. Tu sais que je ne fais pas de sentiment.
___- Laissez-le moi, il est unique...
___- C'est bien ça le problème, s'il avait été quelconque je te l'aurais laissé sans soucis mais tu as vu ce gamin ?!
Ce charisme...le profit est assuré. Une pièce exceptionnelle.Il riait avec raillerie ; mes mains tremblaient conduisant mes yeux à s'écarter au maximum.
Alors...Toru m'avait vendu à cet homme méprisable ? L'intérieur de mon thorax était douloureux, je sentais mon c½ur qui se contractait d'une manière inhabituelle...l'angoisse, la peine, la peur...
Il s'était donc servit de moi, lui, que je prenais pour un père ; celui pour lequel j'avais tant de respect, celui qui avait sauvé ma vie pour mieux la détruire.
Je n'étais pas ignorant juste naïf me disait-il, souvent.
Je savais ce qu'était un hôte, je comprenais mieux la présence de ces couples peu naturels dans la grande salle ; ceci ne me choquait pas en soit puisque ça ne me touchait pas personnellement mais le fait d'être impliqué à présent ne me rassurait pas. Ce qui m'avait le plus effrayé furent les mots « débauche » et
« gigolo », des termes dont j'ignorais l'exacte définition même si j'en avais une vague idée.
Qu'allait-il advenir de moi ? Quelle pensée égoïste...mais normale aux vues des circonstances actuelles, je venais de découvrir les desseins de l'homme que j'avais considéré jusqu'alors comme un père, du moins ce n'étaient pas les siens mais il les connaissait.
Même si ma vie n'avait pas été heureuse ces dernières années, peu passionnante même ennuyeuse, j'aimais vivre surtout depuis que j'avais remis le nez dehors, et ce futur annoncé n'était pas ce que je désirais.
Je n'avais jamais réfléchis à des projets ultérieurs mais ce n'est pas ceci que je voulais. Personne ne pouvait vouloir d'une vie comme ça.
Mourir à petit feu dans un monde de semblant, au point de ne plus distinguer le bien du mal, accorder une réponse neutre à une question méritant réflexion donc une réaction positive ou négative.
N'être que la marionnette d'un autre, être au service d'un esprit certainement malsain et ne plus agir de son plein gré : être assujetti et soumis ; c'est ce qu'il voulait qu'il m'arrive.
Oui, si on analyse bien, c'était ça le fin mot de l'histoire : devenir l'objet d'un désir impur.
Oui, j'étais naïf mais pas ignorant de la vie.